Histoire du Matsumoto-jō (Château de Matsumoto)

Mon Ogasawara
Emblême (Mon) du clan Ogasawara (小笠原氏) descend directement du 56e empereur (L'empereur Seiwa).

 

Les origines du château remontent au début de l'ère Eishō (1504/1521), une période trouble de guerres civiles.

 

Le seigneur Ogasawara de Shinano décide alors de déplacer son château d'Igawa, dans le district de Hayashi au pied de la montagne.

 

Ses domestiques le suivent et construisent leur propre présidence autour de ce nouveau château (Hayashi-Jō).

 

En 1504 Shimadachi Sadanaga, du clan Ogasawara fait alors constuire un "fort" le "Fukashi-Jō" devant le Hayashi-Jō afin de le protéger.

Bannières du clan Ogasawara (source : http://www.twcenter.net/forums/forum.php)
Bannières du clan Ogasawara (source : http://www.twcenter.net/forums/forum.php)
"Mon" du clan Takeda
"Mon" du clan Takeda

En 1550, Shingen Takeda, (武田氏, Takeda-shi) de la province de Kai, chasse le seigneur Ogasawara afin de créer une place forte dans le seul but de conquérir Shinano.

 

Le château passe donc aux mains du clan Takeda.

Bushis (guerriers)
Bushis (guerriers)

 

En l'an 10 de l'ère Tensho (1582), Sadayoshi Ogasawara reprend Fukashi-jō grâce à la désertion de ses gardiens lors de l'incident de Honnoji.

Il change alors son nom et lui donne celui de Matsumoto-jō.

 

Pendant 367 ans, 23 daymios appartenant à 6 grandes familles ont été les seigneurs du Matsumoto-jō sans interruption, de 1504 jusqu'en 1871

 

Ichikawa Ryōzō
Ichikawa Ryōzō

 

Après cette date, sous l'ère Meiji, il fut vendu aux enchères afin d'être démantelé. 

Heureusement il fut acheté par Ichikawa Ryōzō, avec l'aide des habitants de Matsumoto qui réussirent,

sinon à tout sauver, du moins à préserver le Tenshu (le donjon), en le faisant racheter par la municipalité.

Plus tard, en 1901, (34ème année de l'ère Meiji), Kobayashi Inari, principal de l'école Matsumoto Junior Highschool créa une association pour la préservation du donjon.

 

En effet, à la fin de l'ère Meiji le Tenshu (donjon) a commencé à pencher dangereusement sur un côté, à cause de son quasi abandon mais également à cause d'un défaut important de sa structure.

 

Il fut restauré lors de la "Grande rénovation de l'ère Meiji" (1903-1913)

Le donjon (tenshu) en 1904
Le donjon (tenshu) en 1904

Le Tenshu bénéficia d'une deuxième série de rénovation "la Grande Renovation de l'ère Shōwa" (1950-1955).

Début de la restauration du Tenshu en 1910
Début de la restauration du Tenshu en 1910

La grande époque des samuraïs

23 daimyō successifs ont occupé Matsumoto-Jō pendant 367 ans

Membres du clan Minamoto
Membres du clan Minamoto
Tomoe Gozen du clan Minamoto
Tomoe Gozen du clan Minamoto

 

Les clans militaires féodaux et leurs samouraïs qui ont occupé Matsumoto-jō, sont des descendants du clan Minamoto 源氏.

 

Ce clan fut un des 4 plus puissants qui dominèrent la politique du Japon durant l'ère Heian, les trois autres étant les Fujiwara, les Taira et les Tachibana

 

 

Minamoto était un nom honorifique donné par des empereurs du Japon de la période Heian (794-1185) à leurs fils et petits-fils après les avoir acceptés comme sujets royaux.

 

 

On trouve même dans le clan des Minamoto, une onna-bugeishadevenue mythique : Tomoe Gozen (voir aussi plus loin)

 

 


Estampe de Hokusai : Le Corbeau et le sabre du Clan Minamoto
Estampe de Hokusai : Le Corbeau et le sabre du Clan Minamoto

Les "Mon" 紋 ou "Kamon" 家紋 :

Les Mons (ou Kamons) sont des emblèmes héraldiques familiaux, initialement utilisés par les clans de samouraïs pour se reconnaître plus facilement sur les champs de bataille.

 

Ce sont généralement des dessins stylisés (+ de détails ici) faisant souvent référence à la nature pour laquelle les Japonais ont une profonde admiration , mais également à des objets divers ou symbliques, ou à l'architecture. Ils sont souvent symétriques et sont "contenus" à l'intérieur d'une forme géométrique apparente ou non. (voir aussi ce site).

 

Leur utilisation remonte à l'époque Kamakura, la "haute" époque médiévale (1185 – 1333) des bushis (samuraïs)

 

Durant l'époque d'Edo, seuls les daimyōs avaient le droit d'en posséder deux à la fois.

Dès le début de l'ère Meiji, leur utilisation se répandit parmi le peuple.

Sources Wikipedia

Kamon impérial (kiku Mon) symbolisant la fleur de chrysanthème à 16 pétales, sur les pignons du château Nijo-jō à Kyoto (photos ©2009)

Les daimyōs de Matsumoto-jō et leurs Mons

Kamon (Sasarindo) du clan Ishikawa (1590 - 1613 ) descendant direct des Minamoto, dont ils ont le même "kamon". 

Daimyō :

1.  Ishikawa Kazumasa
2.  Ishikawa Yasunaga

 

Kamon (Sangaibishi) du clan Ogasawara (1613 - 1617) 

Daimyō :

3.  Ogasawara Hidemasa

4.  Ogasawara Tadazane

Le clan Ogasawara est connu au Japon pour avoir formalisé au 12e siècle (période Kamakura 1185 – 1333) un système d'arts martiaux et d’étiquette appelé le : Ogasawara-ryū (小笠原流, "École Ogasawara"). 

 

 

L'école Ogasawara a jeté les bases de l'étiquette de la classe des samouraïs au Japon.

 

Ces règles et pratiques comprennent les manières de s’incliner pour saluer (neuf façons différentes), de se nourrir, le mariage, et d'autres aspects de la vie quotidienne, jusqu'à certains détails tels que la manière de correctement ouvrir ou fermer une porte. 

(sources Wikipedia)

Musashi Miyamoto avec deux bokken, estampe de Utagawa Kuniyoshi.
Musashi Miyamoto avec deux bokken, estampe de Utagawa Kuniyoshi.

L' Ogasawara-ryū a été étudié par Miyamoto Musashi (1584-1645) une des figures emblématiques du Japon et le plus célèbre escrimeur de l’histoire du pays, l'une des personnalités à avoir également développé le bushidō (la voie du guerrier) un code strict qui exigeait loyauté et honneur jusqu'à la mort.

 

Miyamoto Musashi est aussi l'auteur de plusieurs textes sur le sabre et sa stratégie dont le célèbre Gorin no shō (Traité des cinq roues). 

 

Il fut également un calligraphe et un peintre reconnu dont on peut encore admirer les productions de sumi-e...

 

Plusiseurs films lui ont été consacrés dont "La Légende de Musashi (titre original : Miyamoto Musashi), réalisé par Hiroshi Inagaki en 1954.

 

Et il a inspiré le personnage de Kyuzo, interprété par l'acteur Seiji Miyaguchi, dans le film "les 7 samouraïs" d'Akira Kurosawa.

A gauche : martin-pêcheur sur une branche, sumi-e de Musashi Miyamoto

Au centre : Hotei, divinité bouddhique de la Fortune regardant un combat de coqs, sumi-e de Miyamoto Musashi.

Miyamoto Musashi, se tenant dans la posture ritsu zen, auto-portrait, vers 1640.


Kamon (Hanare-Mutu-Boshi) du clan Toda senior (1617 - 1633)

Daimyō :  

5.  Toda Yasunaga

6.  Toda Yasunao

Kamon des Toda - Château de Matsumoto
Kamon des Toda - Château de Matsumoto

Kamon (Maruni-mitsu-aoi) du clan Matsudaira. (1633-1638)

Matsudaira Takechiyo prit le surnom de Tokugawa Ieyasu (1543 - 1616) : ainsi le clan Matsudaira devint le clan Tokugawa.

Daimyō :

7.  Matsudaira Naomasa


Kamon (Kuromochi-ni-Tatemokko) du clan Hotta (1638 -1642)

Daimyō :

8.  Hotta Masamori


Kamon (Maru-ni-hana-omodaka) du clan Mizuno (1642 -1725)

Daimyō :

9.    Mizuno Tadakiyo

10.  Mizuno Tadamoto

11.  Mizuno Tadanao

12.  Mizuno Tadachika

13.  Mizuno Tadamoto

14.  Mizuno Tadatsune


Kamon (Hanare-mutu-boshi) du clan Toda (junior) (1726 -1869)

Daimyō :

15.  Toda Mitsuchika

16.  Toda Mituo

17.  Toda Mitsuyasu

18.  Toda Mitsumasa

19.  Toda Mitsuyoshi

20.  Toda Mitsuyuki

21.  Toda Mitsutsura

22.  Toda Mitsutsune

23.  Toda Mitsuhisa


Derniers samuraïs pendant la guerre de Boshin - sources Wikipedia
Derniers samuraïs pendant la guerre de Boshin - sources Wikipedia

Samuraïs de l'époque Edo : à gauche, par temps de pluie avec la cape de pluie traditionnelle pour l'un et le "panier" chapeau pour l'autre,

au centre en jingasa (chapeau à large bord)  et kamishimo (vêtement traditionnel et cérémonial porté par les samuraïs à l'époque Edo),

à droite en armure.

Voir d'autres rares photos de samuraïs de la fin de la période Edo

avant que leur classe ne soit déclarée illégale puis officiellement dissoute en 1868. 

Les femmes samuraïs : les Onna-Bugeisha

Pendant l'époque Kamakura, 30 pour cent des guerriers sur les champs de bataille étaient alors, des femmes.

 

Tomoe Gozen, et Hōjō Masako sont des exemples célèbres de onna-bugeisha (femme noble guerrière) de cette époque.

 

L'époque Edo verra le déclin de ces femmes guerrières... jusqu'à leur interdiction complète de combattre.

 

Leur fonction ne se limita plus alors qu'à apporter de l'aide à leur mari... notamment en faisant des enfants... 

 

Pourtant Nakano Takeko, la troisième célèbre onna-bugeisha, se distingua à l'époque Edo.

Représentation de Tomoe-Gozen et sa naginata (lance)
Représentation de Tomoe-Gozen et sa naginata (lance)

Tomoe-Gozen, femme onna-bugeisha légendaire (1161? - 1184... ou... 1247?)

 

Tomoe Gozen : littéralement Dame Tomoe

 

Cette onna-bugeisha combattit auprès de son mari (ou amant, selon les sources) Minamoto no Yoshinaka au cours de la guerre de Gempei.

Ses exploits sont relatés dans le grand roman guerrier (Heike Monogatari) concernant cette guerre.

 

Si, comme beaucoup de femmes de l'époque elle connaissait le maniement de la naginata, Tomoe Gozen fut un samouraï de haut niveau, douée pour l'équitation, le tir à l'arc et le kenjutsu.

Très respectée par les hommes, elle fut l'un des principaux capitaines de Yoshinaka durant la guerre, et mena ses troupes au combat.

 

Sa fin et la date de sa mort restent mystérieuses. De par le caractère si inhabituel de sa vie, elle est devenue une légende, avec de nombreuses versions souvent contradictoires.

 

Tomoe Gozen (XII et XIIIe) femme samouraï (onna-bugeisha) mythique

Hōjō Masako (1156 – 16 août 1225) Onna-bugeisha, nonne... et femme de pouvoir

Hōjō Masako est née en 1156.

Elle est la deuxième d’une fratrie de cinq enfants, fille de Hōjō Tokimasa, 1er régent du shogunat de Kamakura et de Hōjō no Maki.

 

Masako, dans sa petite enfance, est élevée principalement par des dames de compagnie. Par la suite, elle apprend l’équitation, la chasse, la pêche. Elle mange avec les hommes, plutôt qu’avec les femmes de sa famille.

En 1163, alors que Masako n’est encore qu’une enfant, le clan Teira défait le clan Minamoto lors de la Rébellion de Heiji.

L’un des fils du chef du clan Minamoto, Minamoto no Yoritomo, âgé de 13 ans, est envoyé en exil dans la province d’Izu.

En 1179, Masako rencontre l’exilé ; les deux tombent amoureux et se marient la même année. Ils auront un fils, Minamoto no Yoriie, qui sera leur héritier, en 1182. Ils auront également une fille et un autre fils par la suite.

En 1180, les samouraïs du clan Minamoto appellent à se soulever contre les Taira ; c’est le début de la Guerre de Genpei.

Masako suit son mari dans toutes ses campagnes et n’est jamais vaincue au combat.

5 ans plus tard, les Taira sont finalement vaincus, et Yorimoto devient l’homme le plus puissant du Japon après le nouvel empereur, Go-Toba.

En 1192, Yorimoto devient le premier Shogun.

 

Femme de caractère et fine politicienne, Masako s’implique aux côtés de son mari dans les affaires du pays.

A la mort de son mari, en 1199, elle se fit religieuse bouddhiste. Mais loin de consacrer sa vie à la religion, elle remplaça son époux.

(sources : L'Histoire par les Femmes)

A gauche, peinture anonyme représentant Hōjō Masako

Au centre : Hōjō Masako, dessin de Kikuchi Yōsai (credit photo Wikipedia)

A droite statue supposée de Hōjō Masako devenue nonne (?)

 

Nakano Takeko, la dernière samuraï...

Nakano Takeko
Nakano Takeko

 

En 1868, toutefois, durant la bataille d'Aizu pendant la guerre de Boshin, Nakano Takeko, maîtrisant parfaitement la naginata, brava l’interdiction faite aux femmes de combattre et prit le commandement d'une unité composée d'une vingtaine de femmes qui se joignit aux 3000 samouraïs d'Aizu et combattit contre l'assaut de 20 000 soldats de l'armée impériale japonaise du domaine d'Ōgaki.

 

Issue d’une famille du clan de Aizu, elle est née à Edo, (actuellement Tokyo). Instruite dans les domaines de l’art littéraires et martiaux Japonais, Nakano Takeko développe une âme de guerrière.

 

 

Elle constitua et mena au combat une armée de guerrières intrépides sur le champ de bataille.

 

Mais lors d’une attaque,  elle fut touchée à la poitrine. Sa blessure mortelle la poussa alors à demander à sa sœur Yūko de la décapiter.

Par ce geste, Nakano évitait de devenir le trophée de l’armée adverse...

 

Son corps sera ensuite inhumé sous un pin et un monument sera érigé en sa mémoire.

 

Nakano Takeko a, ainsi, été l’une des premières du mouvement des Onna Bugeisha, femme samouraï au Japon. 

 

Le temple de Hōkai-ji dans la préfecture de Fukushima contient un monument érigée en leur honneur.

Nakano Takeko. La dernière photo à droite ne lui est pas attribuée avec certitude.

D'autres onna-bugeisha

Beaucoup de femmes "villageoises" étaient également habiles à brandir les naginata en cas d'attaque alors que leurs maris étaient absents. 

 

Lenaginata, une arme en forme de lance consistant en un long bâton en bois avec une lame incurvée à l'extrémité, considéré comme très approprié pour les femmes puisqu'il lui permettait de garder adversaires à distance. 

Sources : koryu.com,  The Asia Collection,   

Fin des Onna-bugeisha...

Le début du XVII siècle marque une importante transformation dans l'acceptation sociale des femmes au Japon.

Beaucoup de samouraïs considéraient que les femmes n'étaient bonnes qu'à donner des enfants, le concept de la femme compagnon de bataille est depuis longtemps révolu...

 

Malgré la faible considération accordée aux femmes, on attendait néanmoins d'elles qu'elles se montrent nobles face à la mort lorsqu'ils s'agissait de défendre l'honneur de leur mari.

La soutien d'une femme pour l'amour de son mari était un thème récurrent et bien vu dans la culture japonaise.

En plus de ce suicide (junshi), la renonciation était également une qualité impérative chez la femme japonaise, et ce, jusqu'au début du XXe siècle.

 


Les différentes "Epoques" (périodes ou ères) au Japon

  • Epoque Yamato (250-710) :

C'est la période au cours de laquelle une structure politique et sociale se met en place dans la province de Yamato autour de Nara vers 250. C'est pendant cette période que sous l'influence chinoise et coréenne, se développe l'écriture et que le bouddhisme entre dans l'archipel.

  • Époque de Nara  (710-784)

L'impératrice Genmei installe la capitale à Heijō-kyō (平城京, kyō voulant dire "capitale") aujourd'hui connu sous le nom de Nara. Cette dernière sera ensuite déplacée à Heian-kyō (平安京), future Kyōto. C'est à cette époque que la dernière impératrice (Shōtoku) monta sur le trône : il fut en effet décidé que plus aucune femme ne serait autorisée à régner, ces dernières semblant trop sujettes à la "dévotion"...

caractère kanji pour "kami"
caractère kanji pour "kami"

 

La majorité des japonais, agriculteurs, pratiquent une religion qui se nommera plus tard le shintō (la voie des dieux),  basée sur l'adoration des kamis : esprits des ancêtres et forces de la nature.

 

L'art de l'époque de Nara est marqué par une grande influence de l'art de la dynastie chinoise des Tang.

 

  • Époque de Heian (784-1192)

C'est l'apogée de la cour impériale japonaise. Célèbre pour sa culture des arts, notamment la poésie et la littérature. 

La capitale est désormais à Kyōto.

 

L'influence chinoise chute après la dernière mission impériale en Chine en 838 et le Japon commence à se replier sur lui-même.

 

Le pouvoir de l'empereur et des nobles décroit, à cause de leur incompétence à gérer le pays, au profit de grandes familles, telles que les Fujiwara et leurs samouraïs

 

Parallèlement, le bouddhisme commence à se répandre au Japon.

 

Et principalement au travers de deux grandes écoles :

 

la branche Tendai ("Terrasse céleste")  et la branche Shingon ("parole vraie"), cette dernière fondée par le moine Kūkai. 

Statue du moine Kôbô Daishi (Kukai)

Mont Koya (sud Osaka) - source photo : Happy Globe Lovers

  • Époque de Kamakura (1185-1333)

Époque héroïque et chevaleresque, ce fut l'âge d'or des nihontō et la meilleure époque pour vivre (et mourir) en tant que bushi... et onna-bugeisha.

Le samouraï acquiert statut et prestige.

Cette société purement militaire donne naissance à une culture empreinte d’austérité et de vigueur.

 

En 1185, la guerre de Gempei entre les deux familles nobles Minamoto 源(Genji 源氏) et Taira 平 (Heishi 平氏 ou Heike 平家) se termine avec la bataille de Dan-no-ura sur la victoire du shogun Minamoto no Yoritomo. 

 

Durant cette période deux tentatives d'invasion mongole échouent.

 

  • Époque de Muromachi (1333-1573)

Pendant cette période, le Japon fut contrôlé par des shoguns de la famille des Ashikaga, qui étaient installés à Kyōto.

Le royaume est dans un chaos généralisé. La maison impériale se divise en deux : la Cour du Sud (de Yoshino) et la Cour du Nord, (de Kyōto).

Jardin zen de Ryoanji à Kyoto credit photo2009©Uyttenbroeck
Jardin zen de Ryoanji à Kyoto credit photo2009©Uyttenbroeck

Pourtant c'est à cette période que les villes et le commerce se sont le plus développés, et que les contacts avec les Occidentaux ont été établis, apportant le christianisme et les armes à feu.

 

C'est également la période où les arts, marqués par le bouddhisme zen, deviennent florissants.

 

Ils regroupent un ensemble de pratiques aujourd'hui fortement associées à la culture du Japon, dont la cérémonie du thé, le théâtre nô, l'ikebana (arrangement floral), la poésie renga, le sumi-e (peinture au lavis) ou encore les jardins secs.

  • Époque Azuchi Momoyama (1573-1603)

Il s'agit d'une période très importante bien que courte de l'histoire du Japon car elle voit son unification, sous l'impulsion de trois grands hommes. Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi et enfin Tokugawa Ieyasu.

 

Les trois shoguns "unificateurs" : Oda Nobunaga (à gauche), Toyotomi Hideyoshi (à droite) et enfin Tokugawa Ieyasu (à droite).

Photos credits Wikipedia et Wikimedia

  • Époque d'Edo (1603-1868) appelée aussi "période Tokugawa"

Elle est dominée par le shogunat Tokugawa fondé par Tokugawa Ieyasu, dont Edo (ancien nom de Tokyo) est la capitale.

Le shogunat contrôle le pouvoir politique, administratif et plus tard économique.

 

 

 

Tokugawa Ieyasu, the fondateur du Shogunat de Tokugawa

A gauche : statue de Tokugawa Ieyasu au sanctuaireTōshō à Nikkō Au centre et à droite "portraits" de Tokugawa Ieyasu

L'empereur ne possède plus que des fonctions spirituelles de grand prêtre et est le symbole du "génie national".

 

Après les nombreuses guerres féodales qui avaient eu lieu auparavant, les Tokugawa cherchent à réorganiser l'État et garantir la paix dans le pays. Pour cela, ils mettent au point un système encore très hiérarchisé et rigide grâce auquel ils peuvent contrôler totalement le pays.

 

Pour contrôler les daimyōs, le shogun met en place un système de résidences alternées : les daimyōs doivent résider à Edo (actuelle Tokyo), résidence shogunale, et ceci une année sur deux. De plus, les daimyōs doivent laisser leur famille à Edo en guise d'otages...

 

Le Japon se referme complètement sur lui-même : le "sakoku". Les Européens ne sont pas admis sur le sol japonais, au risque de la peine de mort. Ce n'est qu'en 1854 que le commodore américain Matthew Perry accompagné de navires de guerre réussit à "convaincre" le bakufu (pouvoir militaire) sans pour autant avoir celle de l'empereur, ce qui marque le début d'une scission au sein du bakufu. Des daimyōs vont se ranger du côté du shogunat et d'autres du côté de l'empereur...

 

 

L'époque d'Edo prend donc fin en 1868 avec la restauration du pouvoir impérial par l'empereur Mutsuhito et l'abdication du quinzième et dernier shogun, Tokugawa Yoshinobu.

Tokugawa Yoshinobu
Tokugawa Yoshinobu (Photo credits Wikimedia)
  • Empire du Japon (1868-1945)
  • 23 octobre 1868 明治 Ère Meiji

La modernisation rapide du Japon est décidée, malgré une opposition parfois vive de la part de certains traditionalistes. Les sciences et techniques occidentales sont de plus en plus largement adoptées, dans le but de faire du Japon une puissance égale à celles de l'Europe. Les anciens fiefs (plus de 200) sont regroupés en trois métropoles – Tokyo, Kyoto, Osaka.

Le Yen (¥) voit le jour en 1871.

Des émeutes de paysans ou de samouraïs ont été fréquentes jusqu'en 1877, date à laquelle la révolte du département de Kagoshima fut brisée par l'armée impériale.

Le gouvernement institua l'enseignement obligatoire. Cette mesure fut largement bien accueillie : la quasi-totalité des enfants fut très rapidement scolarisée.

(sources : Paul Akamatsu Directeur de recherche au CNRS)

 

  • 30 juillet 1912 大正 Ère Taishō - 25 Décembre 1926

le Japon déclare la guerre à l'Allemagne le 23 août 1914 et occupe des territoires dans la région du Shandong en Chine puis en Mandchourie et Mongolie-Intérieure, ce qui fit naître un violent sentiment anti-japonais en Chine,  ainsi que les îles Mariannes, Carolines et Marshall. Plus tard, l'armée japonaise prévoit d'occuper la Sibérie à l'ouest jusqu'au Lac Baïkal.

L'après-guerre apporte une prospérité sans précédent au Japon. Tokyo obtient même un siège permanent à la SDN. Mais rapidement, des crises économiques internes voient le jour et mettent à mal cette nouvelle démocratie.

Le puissant "séisme de 1923 de Kantō" dévaste Tokyo.

1926 : Mort de l'empereur Taishō; Hirohito devient empereur (25 décembre).

 

Tokyo : Séisme de 1923 de Kantō.
Tokyo : Séisme de 1923 de Kantō.
  • 25 décembre 1926 昭和 Ère Shōwa - 7 janvier 1989

 

 

L'empereur Shōwa (Hirohito)
L'empereur Shōwa (Hirohito)

Le règne de l’empereur Shōwa (Hirohito) fut le plus long règne de tous les empereurs japonais.

Jusqu'à la défaite militaire du Japon en 1945 et l'adoption de la constitution de 1947, le nom officiel utilisé par l'État japonais était, comme lors des ères Meiji et Taishō, Empire du Japon. En 1947, avec la nouvelle constitution, le pays adopte le nom officiel de Japon (Nihon ou Nippon).

 

En 1936, on assiste à un véritable coup d'État militaire, organisé par la Kōdōha (faction ultra-nationaliste de l'armée impériale) : "l'incident du 26-Février".

Au matin, les militaires de la Kōdōha investissent les ministères et assassinent Takahashi, le ministre des finances, ainsi qu'un certain nombre de dignitaires du régime.

 

En 1937, Hirohito autorise l'invasion de la Chine (Guerre sino-japonaise (1937-1945), qualifiée de "guerre sainte" (seisen) qui constitue la première étape de la politique impérialiste du Japon.

Départ d'un kamikaze à bord d'un "Hayabusa"
Départ d'un kamikaze à bord d'un "Hayabusa"

En 1941, l'empereur autorise la conquête de l'Asie du Sud-Est dans le but de créer la "Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale".

 

La Guerre du Pacifique se poursuit jusqu'en 1945, avec la défaite des forces shōwa et l'occupation du Japon.

 

Les attaques nucléaires américaines sur Hiroshima et Nagasaki, ainsi que l'invasion de la Mandchourie par l'Union soviétique amenèrent à la capitulation inconditionnelle du Japon.

 

 

Ce n'est qu'après 1952, que l'économie du pays se rétablit et permit le retour de la prospérité sur les îles.

Hiroshima après la bombe
Hiroshima après la bombe

 

  • État du Japon 1945-présent
    • 7 janvier 1989 平成 Ère Heisei

C'est l'ère actuelle. Elle a commencé le 7 janvier 1989 avec le début du règne de l'empereur Akihito (125e empereur du Japon) à la suite de la mort de son père et prédécesseur l'empereur Hirohito. Ainsi 2016 correspond à l'an 28 de l'ère Heisei.

 

Si en Occident s'est répandu l'usage de nommer l'empereur par son simple prénom, Akihito, à l'instar des monarques européens, cette pratique est considérée au Japon comme un manque de respect à l'empereur.

L’empereur du Japon, Akihito and l'Impératrice Michiko à l'aéroport de Tokyo Haneda (27 janvier 2016)
L’empereur du Japon, Akihito and l'Impératrice Michiko à l'aéroport de Tokyo Haneda (27 janvier 2016)

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